Je suis vieux, je vais mourir

Je suis vieux maintenant. Mes os, mes veines, tout est vieux en moi. J’ai 75 ans. Je n’aurai jamais cru arriver à un tel âge. Déjà à 25 ans je me disais qu’il ne me restait que 2-3 ans à vivre, qu’il fallait que j’en profite.

Profiter sans tirer de profit

Profiter. Voilà un mot qui m’a valu bien des soucis. Un mots à 3 syllabes mais à deux tranchants. Il y a le profit marchand, celui que j’essaie de combattre malgré l’apogée de l’Empire. Ce profit qui profite de nous plus qu’on profite de lui. Un profit de perte de temps, de violence, de haine, d’incompréhention. La destruction.

Et il y a le profit dont je vous parle, le fait de profiter de la vie. De s’ouvrir à l’amour pour écouter chaque seconde de notre existence, si courte, si incroyable, si délicate. Ce souffle donné par Dieu à la lueur des étoiles dont nous sommes les poussières.

De s’ouvrir à l’amour pour écouter chaque seconde de notre existence, si courte, si incroyable, si délicate.

Un homme vivant

Comme je vous disais, à 25 je voulais profiter de la vie, je voulais embrasser ce qui faisait de moi un homme vivant, central en mon être. Cette centralité est très importante, il faut que j’en parle. J’ai souvent recherché en les autres ce qui me paraissait être des réponses, je voulais savoir les réponses de la vie. Mais à chaque fois que je faisais peser en l’autre le mystère de ma propre vie, je me perdai. Cela n’est pas du partage, c’est de la peur. Une peur qu’on accepte pas et qu’on fait porter par d’autres. Quelle tristesse.

Partir se retrouver

Mon salut est d’être parti avec mon veille ami François, frère d’idée, dans cette cabane de Roybon. Existe-t-elle encore après la Guerre ? Je n’y suis pas retourné et ne peut plus y aller. Mon genou ne fonctionne plus, je suis handicapé. Cette cabane, je la connaissais pour y être déjà allé avec ma petite Maman, décédée en 2018 suite aux émeutes de Grenoble contre la faim, rude période d’avant-Guerre. Une cabane perchée au dessus de Villard de Lans à 1500 mètres d’altitude dans un coin de petit paradis à l’orée d’une forêt, juste sous le col de l’Arc. Une cabane ou on aimerait mourir en paix, avec la source d’eau pure en amont.

Cette cabane, j’y étais donc retourné en 2012 avec François. Le sort nous y fit faire halte, un de mes tendons criant repos. Cette halte ce transforma en cure, puis en réponse. Réponse à la tristesse de la mort, qu’on peut vivre sans le jugement par l’autre, qui nous contraint à ne jamais être nous même. En cette cabane, j’ai commencé à me décrouvrir. Enlever les couches inutiles qui pesent trop lourd et se mettre à poil devant l’infini, n’est-pas ça la réalisation de l’être. Savoir qu’on existe sans devoir le prouver à quiconque, voila le début de la guérison. Savoir qu’on est. Savoir qu’on est beau par le simple fait d’être.

A l’époque de cette aventure, j’avais 24 ans et je travaillais.

vieillesse

Travailler

Travailler. Voila un mot que me fait frissonner. J’ai vu tant de gens mourir au travail. Au début psychologiquement, en se laissant dominer par la routine et l’esprit d’entreprise, puis physiquement. Car j’ai vu le monde se durcir. Les dates m’échappent. 2014 ou peut-être 2015, je ne sais plus trop, mais c’est en ces années qu’a démarré l’Avènement.

Avant on vivait dans la Crise mais tout était encore accessible, les gens pouvant toujours partir en vacances, les amoureux partant en montagne et les retraités roulant en camping-car. Mais quinze ans après l’An 2000 s’est réveillé le Mal.

Un Mal qui a eu beaucoup de nom. J’ai vu son Avènement. Le début d’années très sombres, des années de privations ou le maître mot était « écologie ».

La dictature de l’écologie

Tous les médias parlaient d’écologie, tout le monde en parlait. C’était le mot qu’on avait sur le coin de la langue. Jamais de mots cachant des solutions comme compost, nutrition, sobriété ou vélo sans assistance. Juste « Ecologie ». Tout est devenu Ecolo. Des moteurs écolo, des avions écolo, des travails écolo… on ne voyant pas encore que ce mot, avec celui de développement durable, cachait une manipulation terrifiante. Celle de la cohérence.

Par écologie on a imposé à tous les employés de France de racheter une voiture écolo, les endettant encore plus et entraînant des émissions de gaz carboniques jamais égalées dans l’histoire. Cette manipulation, les peuples ne la voyaient pas Il fallait être écolo, autrement on se faisait insulté, voire tabassé. Mais un bon écolo, pas un décroissant ni un engagé. Un écolo avec voiture à consommation mixte, avec un vélo-électrique, avec un travail labellisé « écolo » (75% de tertiaire à l’époque…). Tout devait être « écolo-cohérent ».

L’Avènement de l’Empire était prêt, la Dictature par l’écologie allait naître.

La dernière fois que j’ai travaillé pour un patron, c’était en 2013. Je pensais simplifier ma vie en ayant plus jamais avoir à faire une domination patronal. C’était sans compter sur l’état de la société. Simplifier sa vie quand on est à l’Aube d’une Guerre Mondiale ça n’a pas vraiment de sens…

Simplifier sa vie quand on est à l’Aube d’une Guerre Mondiale ça n’a pas vraiment de sens…

Je suis trader sur différents sites et passionné par le monde du forex.